Avant de voir ensemble comment concevoir des parcours e-learning efficaces et percutants, autant vous annoncer d’emblée que l’e-learning est souvent considéré, à tort, comme une solution miracle dans le cadre d’une stratégie de formation en entreprise.

Or beaucoup de formateurs et d’entreprises ont encore de nombreuses croyances et idées reçues concernant son efficacité :

  • L’e-learning, ça coûte moins cher que d’organiser des formations présentielles,
  • C’est plus efficace que les dispositifs traditionnels,
  • C’est plus rapide à mettre en place,
  • Ca permet aux apprenants d’apprendre où ils veulent et quand ils veulent…

Passons en revue ces 4 idées reçues à propos de l’e-learning pour démystifier certaines croyances et vous permettre d’affiner votre réflexion :

E-learning : moins cher que le présentiel ?

Pas de formateur à payer, pas de salle à réserver et à louer, pas de déplacements… l’e-learning est-il réellement moins cher que les formations présentielles ? Dans un premier temps, la réponse est : NON ! Pour vous donner une estimation : une heure de formation en présentiel coûte environ 40 heures / hommes. Pour produire la même heure de formation en e-learning, cela revient à 350 heures ! Même si l’on constate une baisse progressive de ce coût au fil du temps, notamment grâce à la démocratisation des outils-auteurs, l’e-learning reste globalement plus cher à produire que de la formation classique pour la première heure de formation.

Par contre, au bout de la deuxième heure de formation, l’entreprise pourra commencer à réaliser de larges économies d’échelle. Pour être rentables, les modules e-learning devront donc être largement diffusés ET récurrents. C’est lorsque ces 2 conditions sont réunies que l’entreprise commencera à amortir le coût de production et d’implémentation des parcours. La seule question à vous poser est donc la suivante : l’investissement en vaut-il la peine, dans votre situation, votre contexte et pour votre public-cible ?…

E-learning : plus efficace que la formation traditionnelle ?

Les technologies actuelles constituent un terrain de jeu exceptionnel pour les formateurs et les entreprises qui souhaitent faire passer leur message. Ceci dit, malgré les nombreuses possibilités offertes par l’e-learning (intégration de vidéos, quizz interactifs, animations sexy…), l’efficacité pédagogique n’est pas toujours au rendez-vous ! En effet, apprendre – en règle générale – constitue déjà en soi un défi, même dans les formations classiques. Or en e-learning, on rajoute une difficulté supplémentaire : un média froid (l’ordinateur), l’apprenant étant souvent seul derrière un écran. Dans ces conditions, comment maintenir l’implication et la motivation des apprenants ?

Au moment de passer à l’e-learning, il va donc falloir adapter votre mode de fonctionnement : la technologie devra se mettre au service de la pédagogie, et la pédagogie au service des besoins de vos apprenants. Rien de pire qu’un cours classique PowerPoint transposé tel quel en e-learning, c’est la catastrophe assurée ! Conclusion : l’e-learning n’est pas forcément toujours plus efficace, mais il peut le devenir. À condition de mettre en place des dispositifs technologiques adaptés aux types d’apprentissages et aux besoins de votre public-cible.

E-learning : plus rapide à mettre en place ?

Les formations e-learning sont souvent personnalisables : l’apprenant peut apprendre à son rythme et commencer au niveau qui est le sien, en fonction de ses prérequis. Si cette perspective peut être perçue comme un gain de temps, il ne faut pas oublier que le temps d’apprentissage, lui, reste identique et incompressible. Sans parler du temps de préparation !

En effet, préparer une formation présentielle peut se faire rapidement, en une ou deux journées, et on peut adapter le contenu encore le jour même en fonction des circonstances et du retour des apprenants. Tandis qu’en e-learning, pas de place à l’improvisation : tout doit être prévu à l’avance. Il faut donc plus de préparation, plus de rigueur et plus de temps ! Réaliser un dispositif e-learning n’est donc pas plus rapide que réaliser un dispositif classique : le temps de préparation se compte en semaine, voire en mois ! Par contre, une fois réalisé, le dispositif e-learning pourra être répliqué, et sera prêt immédiatement pour les prochains apprenants.

E-learning : apprendre où je veux et quand je veux ?

En intégrant les technologies de l’information et de la communication, l’e-learning pemet plus de flexibilité que les formations classiques, voire même plus de liberté. Par contre, l’argument « C’est où vous voulez, quand vous voulez » doit absolument être nuancé ! En effet, l’une des raisons les plus fréquentes d’échec de l’e-learning en entreprise réside dans une mauvaise organisation et planification des sessions d’apprentissage :

  • Quid des apprenants qui suivent les modules chez eux, avec les enfants qui courent et crient dans le salon ?
  • Quid des apprenants qui suivent les modules en étant interrompus toutes les 2 minutes par leur pop-up de messagerie, ou leur téléphone ?
  • Quid des apprenants en entreprise, qui reçoivent comme consigne de suivre leur formation en ligne quand ils ont 2 minutes à perdre ?…

Pour éviter toute désorganisation et perte de temps, il est donc crucial de mettre en place les conditions pour que l’apprentissage soit efficace : salles de formation dédiées, plannings spécifiques… et aussi impliquer les managers dès la mise en place du dispositif, afin d’éviter tout sabotage !

Comme vous pouvez le constater, l’e-learning n’est donc pas nécessairement moins cher, plus rapide, plus efficace et plus flexible que la formation présentielle. Il peut le devenir, à partir du moment où plusieurs conditions sont réunies et mises en place !

Comment concevoir des parcours e-learning réellement efficaces et percutants : 9 conseils de pros

C’est malheureusement à la fin de l’étape de développement, au moment d’implémenter les parcours e-learning, que, bien souvent, les concepteurs se rendent compte qu’ils ont pu louper certaines étapes ou éléments essentiels. Perte de temps, perte d’énergie… et perte financière pour l’entreprise ! Avant de vous lancer, considérez les 9 conseils suivants pour développer et mettre en place des formations e-learning efficaces dans votre organisation :

1. Soyez méthodiques et rigoureux

Le meilleur moyen pour atteindre vos objectifs, c’est de respecter une méthode de travail, avec des étapes claires de validation. Une des méthodes les plus répandues et les plus efficaces est la méthode ADDIE :

  • ANALYZE : analyser les besoins et attentes des apprenants au sein de votre organisation,
  • DESIGN : définir les objectifs pédagogiques et concevoir les séquences d’apprentissage,
  • DEVELOPMENT : développer et produire les modules e-learning,
  • IMPLEMENTATION : mettre en place et diffuser les parcours au sein de votre organisation,
  • EVALUATION : évaluer si la formation a répondu aux besoins et si elle a été efficace.

2. Commencez par analyser les besoins, PAS par la technologie

Trop de formations e-learning misent le paquet sur les aspects technologiques, au lieu de se préoccuper des besoins réels des apprenants. Ne commettez pas cette erreur : les technologies ne sont là que pour mettre en place les dispositifs pédagogiques. Et la pédagogie doit servir les besoins des apprenants et de l’organisation.

[Tweet « Avant de produire vos parcours e-learning, focalisez-vous sur les besoins. PAS la technologie ! »]

3. Rédigez un design document

Le design document définit les contraintes (outil auteur, LMS, ligne éditoriale, style…) et les objectifs de la formation (pédagogiques et opérationnels). Il permet de donner une vision commune à toute l’équipe en charge du développement des parcours e-learning (développeurs, experts contenus, commanditaires…). Il permet également d’adopter une vue d’hélicoptère, d’assurer l’équilibre, et de ne pas oublier les activités d’introduction, de découverte, de savoir-être…

4. Pensez vos unités d’apprentissage en fragments

À partir des sous-objectifs définis au moment de l’étape de conception, fragmentez les contenus, scindez-les en micro-unités d’apprentissage, puis organisez le chaos (notamment en trouvant votre fil conducteur). N’hésitez pas à concevoir des unités relativement courtes (max. 10min) pour favoriser une meilleure implication et attention de la part des apprenants.

5. Variez, variez, variez !

Variez les modalités d’apprentissages, les types de contenus, ainsi que les niveaux de détails. Permettez à vos apprenants d’accéder aux contenus avec différents niveaux de lecture, via plusieurs portes d’entrée. Gardez en tête que tous les apprenants n’apprennent pas de la même manière au même moment !

6. Impliquez l’apprenant

Favorisez l’engagement et l’implication des apprenants par le jeu. Pas le jeu pour le jeu, car on n’apprend rien du jeu, mais de la leçon / du feedback qui le suit. Prenez les apprenants aux tripes en suscitant leurs émotions, en les sensibilisant avant de théoriser. Un apprenant émotionnellement impliqué apprendra toujours mieux !

7. Privilégiez le visuel

Notre culture actuelle est axée en majeure partie sur les images. Pensez donc à vos apprenants, et parlez leur avec un langage le plus visuel possible. Cela ne veut pas dire qu’il faille éviter le texte, mais peut-être à le proposer à un second niveau. Essayez dans tous les cas de l’alléger et/ou de le morceler (en fragments). Gardez à l’esprit que lire à l’écran reste, dans la plupart des situations, plus difficile que de lire un imprimé. Raison de plus pour éviter de surcharger de textes le contenu de vos modules…

8. Racontez des histoires

Les histoires peuvent parfois être très simples, comme des études de cas, des mises en situation, des métaphores ou des analogies : « Imaginez la situation suivante… ». L’objectif n’est pas de faire du cinéma. Mais cela ne vous empêche en rien d’utiliser le storytelling – l’art de raconter des histoires – pour mieux sensibiliser votre public et faire passer votre message.

9. Faites agir l’apprenant !

Mettre en branle les différents sens, tirer parti de tous les modes d’apprentissages, faire réfléchir l’apprenant… Ce n’est pas parce qu’il est derrière un écran qu’il ne peut pas agir, au contraire !